OLIVIER MATHIEU FÉLICITE MADAME SIMONE VEIL D’AVOIR ÉTÉ ÉLUE « IMMORTELLE » À l’ACADÉMIE FRANÇAISE (20 NOVEMBRE 2008). Madame Simone Veil, le 20 novembre 2008, a été élue à l’Académie française. Je surprendrai peut-être quelque lecteur, mais j’estime que, de nos jours, Madame Simone Veil a absolument tous les titres, oui : qu’elle a les titres principaux, essentiels et fondateurs pour être devenue « immortelle ». Bravo, donc. Je ferai noter modestement, en revanche, et en ce qui ME concerne, ce qui suit. La presse, à la suite de cet événement, a généralement déclaré que les candidats à cette élection (entendons : les candidats qui se présentaient face à Madame Simone Veil) étaient des « auteurs confidentiels », avant de citer tantôt trois noms (mais en oubliant le mien), tantôt quatre noms (dont le mien, cette fois, mais en compagnie d’un autre candidat qui avait, quant à lui, retiré sa candidature plusieurs semaines auparavant !)… De façon que je juge assez amusante, certains journaux (reprenant sans doute les dépêches des agences de presse) m’ont alors affublé de l’étiquette « d’auteur confidentiel », avec des « nuances » cocasses d’un titre à l’autre. Ici, j’ai été décrit comme « auteur confidentiel », là comme « auteur plutôt confidentiel », là encore comme « auteur relativement confidentiel ». Suis-je confidentiel, PLUTÔT confidentiel, RELATIVEMENT confidentiel ? Diantre, quel casse-tête ! Le site du journal « Le Monde » a fait encore plus « fort ». On y a lu que « l’Académie n’avait pas révélé le nom des autres candidats » (sic !)… On comprend, certes, que si les noms de certains candidats à l’Académie française n’étaient pas révélés par cette institution, lesdits candidats auraient des excuses de demeurer des auteurs « confidentiels »… ! Tout ceci est quand même curieux. En effet, contrairement à ce qu’a écrit « Le Monde », ma candidature avait été parfaitement annoncée – naturellement - sur le site de l’Académie française. Et celle de mes concurrents aussi. Mais venons-en à l’essentiel. Suis-je donc réellement un « auteur confidentiel » ? Comment et pourquoi suis-je, à en croire certains, un candidat innommable, un candidat innommé… ?! L’ACADÉMIE VEILLE-T-ELLE ? Je trouve tout ceci, voyez-vous, choquant. Presque insultant. Pour Madame Veil. Et je me récrie contre une telle insulte. Comment ? Une certaine presse oserait-elle prétendre que Madame Veil s’est présentée face à des candidats « confidentiels » ? Un grand titre, que dis-je ? un très grand titre, voire le plus grand des titres de la presse française a même ajouté que « l’Académie a veillé à ne pas présenter de candidats sérieux » face à Madame Simone Veil. Comment donc ? Cette présentation des faits n’est-elle pas horrible ? Cette présentation ne tendrait-elle pas, même, à faire, de l’élection (dont, personnellement, je me réjouis) de Madame Simone Veil, une farce ? En effet, tout d’abord, ce n’est pas l’Académie – à ma connaissance – qui « présente des candidats ». A ma connaissance toujours (et que quelqu’un veuille éclairer ma lanterne d’ignorant, si je fais erreur !), ce sont les candidats (au moins pour la majorité d’entre eux) qui se présentent par un acte volontaire. Car, ne l’oublions pas, « toute personne peut se présenter à un fauteuil ». Du moins, tel est mon cas d’auteur. D’auteur confidentiel, si vous voulez. Confidentiel ? Vous avez dit confidentiel ? QUE L’ON ME PERMETTE DE PROTESTER CONFIDENTIELLEMENT : JE NE SAIS POINT SI JE SUIS DIGNE D’UNE SI HAUTE ET NOBLE DÉFINITION : « AUTEUR CONFIDENTIEL ». Je ne signalerai, ici, que quelques rares détails autobiographiques de ces cinq dernières années de mon existence. Depuis 2003, donc. En décembre 2003, alléché par les nombreux articles parus dans la presse et qui évoquent l’indiscutable nécessité de « rajeunir » l’Académie française, j’y ai obtenu une voix (décembre 2003), ce qui n’est pas rien pour un bon à rien tel que moi, contre M. Valéry Giscard d’Estaing. Je ne l’invente évidemment pas (n’en déplaise aux quelques cerveaux infantiles, aux quelques braves gens qui continuent, ici ou là, à me traiter de « menteur »…), il suffit pour le constater de consulter le site officiel de l’Académie française (année 2003), ou encore l’encyclopédie du « QUID ». Je demanderai donc, aux journalistes qui, dans les jours qui ont précédé comme dans ceux qui ont suivi l’élection de Madame Simone Veil à l’Académie française, m’ont défini comme un auteur « confidentiel », si cela – le fait d’avoir obtenu une voix à l’Académie française en 2003 - me rend tellement « confidentiel» que cela. Je pourrais demander aussi - mais je m’en abstiendrai - s’ils pensent que je sois si « confidentiel » que cela dans les rangs de l’Académie française, notamment en ce qui concerne les nombreux académiciens encore en vie qui signaient, en ma compagnie, vers 1985 et 1986, au sommaire de la « Nouvelle Revue de Paris » (éditions du Rocher), revue qui était en outre placée sous le haut patronage de M. Jean Mistler, académicien. Il suffira, à qui le veut, de consulter les sommaires de la « Nouvelle Revue de Paris », notamment les numéros 5, 6 et 8 (auxquels j’ai collaboré en donnant des articles sur Emmanuel Berl et sur Raymond Abellio), mais aussi le numéro 7 où Michel Bulteau, directeur de ladite « Nouvelle Revue de Paris », consacra un article à la réédition que je venais d’effectuer d’un livre de 1936, « Les Modérés » d’Abel Bonnard (ancien membre, lui aussi, de l’Académie française). En 2004, j’ai donné une interview (intitulée : « CONFESSION D’UN ENFANT DU SIÈCLE ») au cinéaste Michel Marmin. Cette interview, où je dis tout le mal que je pense de l’extrême droite, est en outre disponible sur Internet. Or une telle interview, donnée au journal « Eléments » (en d’autres termes, à une revue publiée à Paris) fait-elle de moi, elle aussi, quelqu’un de « confidentiel » ? Et le roman que j’ai publié, toujours en 2004, intitulé « Les drapeaux sont éteints » (juin 2004), fait-il de moi quelqu’un de confidentiel ? Et en 2005 et 2006, le roman historique que j’ai publié, sous forme de feuilleton littéraire, dans un hebdomadaire régional français (roman qui a en outre été salué, depuis, dans diverses revues universitaires et/ou littéraires, par exemple en Espagne), fait-il de moi quelqu’un de « confidentiel » ? Et l’autre roman que j’ai publié en juillet 2005, « Une nuit d’été », fait-il de moi quelqu’un de «confidentiel» ? Et en 2006, mon livre « Un peu d’encre, de larmes, de poudre et puis de sang », fait-il de moi quelqu’un de « confidentiel » ? Ces livres (que j’ai en outre souvent envoyés aux membres de l’Académie française, en hommage de l’auteur) font-ils de moi quelqu’un de « confidentiel » ? Ou alors, toute personne de bonne foi, ou tout journaliste sérieux ne devrait-il pas chercher (avant de traiter quelqu’un « d’auteur confidentiel ») à s’informer ? Et encore, parmi de nombreuses choses que je n’ai pas la place d’évoquer ici, j’ai effectué pour le marché éditorial, en 2007, la traduction française de deux des plus importants catalogues d’art parus, cette année-là, dans un grand pays européen. Ces livres luxueux (des centaines de pages de grand format, intégralement en couleurs), préfacés par les plus « grands noms » de « l’art contemporain », ont été publiés sous l’égide d’un Ministère de la Culture, et parrainés par des personnalités politiques d’un grand parti de gauche. Est-ce que l’ensemble de tout cela fait VRAIMENT de moi cet « auteur confidentiel » que m’ont suspecté d’être presque tous les journalistes, presque tous les journaux, avec une étonnante unanimité, lors de ma candidature à l’élection du 20 novembre 2008 à l’Académie française ? Et encore, dans son numéro de juin 2008, si le journal parisien « Éléments » a publié une recension (sous la signature de M. Pierre Le Vigan) sur mon livre « Un peu d’encre, de larmes, de poudre et puis de sang », est-ce que cela fait de moi un auteur « confidentiel » ? Notons, par ailleurs, que la rédaction de ce journal a illustré l’article de M. Pierre le Vigan d’une photographie où l’on me voit parler – c’était en 2007 - avec Mme Ségolène Royal. OLIVIER MATHIEU A PUBLIÉ TROIS LIVRES, ET C’EST UNE MERVEILLE, DANS LA SEULE ANNÉE 2008. Mais venons-en, si vous le voulez bien, à l’année 2008. Avant de me présenter, le 20 novembre 2008, à l’Académie française face à Madame Simone Veil, j’avais publié trois livres. Entendons-nous bien : je n’ai pas publié trois livres avant le 20 novembre 2008. Je dis : dans la SEULE année 2008, j’ai publié trois ouvrages. Puis-je demander, par humble curiosité, combien de livres ont publié, dans TOUTE leur (parfois longue) existence, TOUS les autres candidats réunis, à cette même élection du 20 novembre 2008 ?… J’ai publié « LES POMMES BLEUES » (janvier 2008). J’ai publié « LE PASSAGE À NIVEAU » (roman, juillet 2008). J’ai publié « LE PAUVRE CŒUR » (août 2008), aux éditions « Les Petits Bonheurs » dirigées par M. Jean-Pierre Fleury. Avant que quelqu’un ne veuille taxer ce dernier, lui aussi, « d’auteur confidentiel », je rappellerai que Jean-Pierre Fleury est écrivain, poète, traducteur. Et docteur en sociologie de l’Université de Nantes. Publier trois livres en un an, serait-ce là ce qui me vaut (selon les journaux) cette amusante étiquette d’auteur « confidentiel » ? Peut-on parler d’auteur « confidentiel » alors que les trois livres que je viens d’évoquer – notamment « Le pauvre cœur » - se trouvent non seulement dans les bibliothèques, mais encore sur plusieurs sites INTERNET ? Car vous pouvez les lire, en Suisse, sur le site Internet de l’écrivain suisse Daniel Fattore. Car vous pouvez les lire, en France, sur les sites des éditions « à l’enseigne des petits bonheurs » de l’écrivain français Jean-Pierre Fleury, déjà cité. De même, le public des lettrés devrait pouvoir lire, dans quelques semaines, dans différentes revues prestigieuses paraissant dans divers pays d’Europe, des articles de moi : il s’agit (je le précise à l’intention des journalistes que j’imagine trépigner de curiosité) d’articles de critique et d’histoire littéraire. Voilà donc quelques-uns (et seulement quelques-uns) des motifs qui me font hausser le sourcil avec amusement, quand je lis - dans la presse - que je serais « un auteur confidentiel ». Je conclus. Il n’est nullement galant pour elle de dire que Madame Simone Veil aurait été élue face à un « auteur confidentiel » ou « pas sérieux ». Madame Simone Veil a été élue « immortelle » lors d’une élection aussi sérieuse que toutes les autres élections académiques. Face à des candidats parmi lesquels Olivier Mathieu, candidat pas plus confidentiel que ça… Je n’en doute pas, les académiciens connaissaient très bien les enjeux – les enjeux apparents, et les enjeux réels - de cette élection. Ils ont exprimé leur vote comme ils l’ont désiré. Y compris ceux qui ne se sont pas déplacés. Y compris les cinq académiciens qui ont déposé un bulletin blanc dans l’urne. Y compris, enfin, les deux académiciens qui ont déposé un bulletin marqué d’une croix. Tous avaient le choix, dans leur conscience et dans le secret du vote, entre Madame Simone Veil et Monsieur Olivier Mathieu. Un candidat ou un autre, ce n’est évidemment jamais la même chose. Ils ont choisi… Un auteur « confidentiel », c’est un auteur que personne ne connaît, dont personne n’a jamais entendu parler… Mais dire de moi que je serais « confidentiel », c’est donc laisser supposer que les dizaines de journaux français auxquels j’ai collaboré (« la Nouvelle Revue de Paris », « Spectacle du Monde », pour n’en citer que deux) étaient « confidentiels » ? C’est dire que les événements auxquels j’ai pris part étaient « confidentiels » ?… J’engage les journalistes à se renseigner, lors de ma PROCHAINE candidature à l’Académie française, et je leur conseille respectueusement de lire mes textes littéraires – mes textes d’écrivain « confidentiel » - sur Internet. S’ils me trouvent trop « confidentiel », d’ailleurs, ils n’ont qu’à me faire de la publicité. Et qu’à donner la mesure de leur intelligence, qui est grande. Je les en remercie par avance… Il est bien vrai que les journalistes ne peuvent évidemment pas tout savoir et que, comme tous les autres hommes, ils ont parfois le droit de se tromper voire de dire des choses… pas complètement exactes ! Confidentiellement vôtre, Olivier Mathieu (dit Robert Pioche), écrivain. MES CANDIDATURES À l’ACADÉMIE FRANÇAISE. Décembre 1990 : je dépose ma première candidature à l’Académie française, lors de l’élection remportée par Madame Hélène Carrère d’Encausse. Décembre 2003 : sous mon pseudonyme de Robert Pioche, j’obtiens une voix, contre M. Giscard. 8 MARS 2007 : nouvelle candidature de ma part. 31 MAI 2007 : ma candidature est, en revanche, refusée ! 20 NOVEMBRE 2008 : ma candidature (face à Mme Simone Veil) est annoncée sur le site officiel de l’Académie dès le 31 octobre 2008. Madame Veil est élue. Le 20 novembre 2008, MM. Borel, Driout et Mathieu n’obtiennent aucune voix. M. Barreau avait quant à lui retiré sa candidature.
page 25