Nouvelles règles pas académiques de ce con candide de candidat de Robert Pioche, qui entrent en vigueur lors de l’élection du 26 mars 2009 à l’Académie. 1. Si les académiciens, le jour des élections Quai de Conti, prenaient en considération l’orthographe, la connaissance de la langue française et le style, ils voteraient pour moi. 2. Je défie ici, le plus officiellement du monde, tous les académiciens de m’affronter dans l’épreuve d’une dictée française. Je m’engage à verser 10.000 euros à celui qui fera moins de fautes que moi (qui n’en ferai aucune), à condition que tout académicien battu s’engage à m’offrir sa voix. En attendant, je déclare donc être plus lettré (et par conséquent, en toute logique, moins illettré) que tout « immortel » actuellement en vie. Si quelqu’un, parmi les académiciens, s’estime offensé, je l’attends bien volontiers pour un tel « duel » linguistique. Je m’offre enfin, gratuitement, à offrir à qui d’eux le voudrait, des leçons – au choix - de littérature et d’écriture. 3. Je m’offre aussi à expliquer ce qu’est la rebellion, et le talent, et diverses autres choses, à certains de mes amusants collègues candidats académiques : de si timides révoltés, je trouve… 4. Si les académiciens - qui ont récemment élu M. Dabadie, poète moderne - avaient encore beaucoup de goût et de curiosité, ils liraient mes livres et mes textes. Ce que chacun peut faire : 5. Si les académiciens, ou du moins certains académiciens, voulaient voter pour un écrivain, et pas seulement pour un ex-Président de ceci ou une ex-Ministre de cela, ils voteraient pour moi. 6. Je me rappelle au bon souvenir des quelques académiciens qui me firent des promesses en 2003, y compris le seul qui eut le courage de voter pour moi lors de l’élection qui vit la victoire de Valéry, pas de Paul. 7. Si les académiciens songeaient au motif, au seul et unique et principal motif pour lequel ils ne votent pas pour moi, ils feraient bien de se souvenir que l’Histoire, et la postérité, jugeront un jour (et il ne faudra plus attendre bien longtemps) leur non-vote en ma faveur. 8. Je rappelle à tous les académiciens qui ont la chance d’être « immortels » que se présentera, demain ou après-demain, à leurs fauteuils, le dénommé Robert Pioche qui, s’il était mort selon la presse et quelques amusants « historiens » en 2006, aurait d’ores et déjà atteint à une bien plus définitive immortalité. Et que l’on rie, braves gens ! Site sur l'Académie française : http://lesitedesratesrp1.site.voila.fr/ * J’AUTORISE TOUTE PERSONNE A DIRE QUE LE CONDIDAT OLIVIER MATHIEU EST UN CONNARD - Dire que je suis un connard, même un gros connard, même un très gros connard, même le pire des connards, ce serait mentir, peut-être ? Mentir, je déteste ça ! Je veux bien dire, allez, que je suis un éconneur. Et je dirais même plus, le conneur de la déconnerie. Est-ce que vous pouvez bureaucratiquement accepter de faire de ces mots, «éconneur », et « conneur de la déconnerie », un synonyme acceptable de connard ? - Pardon ? - Et je dirais même encore plus, je suis le dé-déconneur! La première façon que j’ai connue de déconner, voyez-vous, remonte au 14 octobre 1960. - Plaît-il ? L’éconneur ? Le conneur de la déconnerie ? Le dé-déconneur ? - La deuxième façon de déconner, c’est de sortir vite fait du con, avant d’éjaculer et d’en ajouter un autre à la collection. - Plaît-il ? - La première façon, hélas, on n’y échappe pas souvent, c’est de naître. La première façon de déconner, c’est de traverser le con maternel, de sortir du con, et de se retrouver sur la planète des déconnés : de ceux qui ont été déconnés. - Si je comprends bien, vous prétendez que déconner = sortir du con. C’est ça que vous dites, Monsieur Olivier Mathieu ? - Vous comprenez à merveille, confirma Robert Pioche. La naissance est à un con ce que le carton rouge est à un terrain de « foot » (en franglais dans le texte). Curieuse espèce que celle à laquelle, me jure-t-on, j’appartiens : sont encore relativement nombreux les hommes, en particulier, qui passent leur vie à essayer de rentrer dans les dames. Vous avez remarqué ça, vous aussi ? De se ré-introduire, en quelque sorte, par où ils sont sortis. Ils pilotent, dans l’originel con, une petite partie d’eux-mêmes, afin que leur verge y habite : comme si c’est ainsi que regerment les glands. - Plaît-il ? « Comme si c’est ainsi que regerment les glands » ? - « C’est », à la place de « c’était », pour que ce soit un alexandrin. Bref, j’ai déconné. Je suis sorti du con à Boulogne-Billancourt, le 14 octobre 1960, hop, je suis passé de l’utérus direct en taule, condamné à la prison à vie, condamné à mort au bout de toute une vie en geôle, au milieu des nés par le con, des déconnés par le cunnus [en latin dans le texte]. Si vous n’appelez pas ça déconner ! Bref, puisque j’étais en taule, il me sembla légitime de chercher un parloir, un gueuloir si vous préférez. Histoire de parler avec quelqu’un qui, comme moi, soit au moins un petit peu conscient d’avoir déconné en ayant été déconné. Quelqu’un qui soit un peu moins - ou un peu plus - déconneur que les autres. Quelqu’une… D’accord, j’avais déconné, moi aussi. Je vais vous offrir deux exemples : le petit Jésus, par exemple, n’a pas été déconné, parce que sa maman avait le qu’on vierge. C’est très connu. Mais mon frère jumeau, par exemple, il a été déconné. Seulement, lui, au bout de cinq jours, cinq jours après avoir jailli du con maternel, il a arrêté les conneries. Moi j’étais né, et j’aurais tant voulu trouver quelqu’un qui ait fait autre chose que d’avoir été déconné. Mon frère jumeau, lui, avait déconné, il avait été déconné, mais il était mort. Moi j’aurais voulu trouver un déconné, mais un déconné vivant. Quelqu’un qui ait autre chose en commun avec moi que deux bras, deux jambes, et le fait d’avoir été déconné. Quelqu’un qui ne se gargarise pas seulement d’avoir été déconné. Au fond, être déconné et basta [en italien dans le texte], c’est un peu léger. Non ? En plus, aucun déconné n’a jamais choisi son époque. Et l’époque, il n’y a qu’un choix : ou l’accepter, ou la refuser. La plupart des déconnés acceptent leur époque, et suivent le troupeau des déconnés. Moi, je n’ai pas trop suivi. D’accord, j’étais né déconné. Mais ensuite, entre le con maternel et cet autre con qu’est un trou rempli de terre, je n’avais pas envie d’être emporté par les canalisations toutes tracées. Je ne sais pas comment vous expliquer ça, j’avais la vague envie de tenir la tête hors des fosses putrides. Je ne sais si vous pouvez comprendre. Je venais de naître, d’être déconné : peut-être que ça suffisait, d’ici à la mort, les conneries. Je suis un déconné, un éjecté par le qu’on, et un éconneur. - Mais vous avez encore déconné, par la suite, n’est-ce pas ? Vous êtes un connard ? Vous n’avez pas déconné qu’en naissant ? Vous êtes un connard, n’est-ce pas, Monsieur Olivier Mathieu ? - Je m’appelle Robert Pioche. J’ai essayé de déconner, oui, honoré Monsieur, pendant toute ma vie. Ce qui démontre l’excellence de mes intentions. Je voulais dé-conner : fuir l’originel con, fuir le « qu’on » et fuir la connerie. J’entends par là, dé-conner de tout, déconner du «qu’on» de la connerie. J’ai essayé de ne pas avoir dé-conné exclusivement du con maternel. Je suis né libre, égal et dé-conné. Ayant été passivement déconné, je me suis donc mis à déconner activement. Un activiste de la déconnerie, si vous voulez. Je me suis senti, dès la naissance, comment vous dire ? Je me suis senti… libre. Oui, voilà le mot : libre. Puisque je suis né libre, j’étais libre de déconner ! Et en plus, quitte à déconner, je me suis dit que, déconner pour déconner, mieux valait déconner à ma façon. J’étais né seul, j’avais déconné seul, j’avais été déconné seul, je mourrais seul, ça aurait été une connerie de me mettre à déconner en commun. Déconner en commun, c’est la plus grande connerie. Non ? D’où la facilité extrême que j’ai toujours manifestée pour déconner au milieu des pires déconneurs-déconnés, du plus petit nombre possible de déconneurs-déconnés. Seulement voilà, il ne fallait pas dix minutes pour que le petit nombre des déconneurs-déconnés me pèse tout autant que toute masse des déconnés-déconneurs. Et donc, j’ai déconné sans arrêt. Ma vie est une déconnerie perpétuelle. Je n’arrête pas de m’éconner. - Vous n’arrêtez pas de vous étonner ? - Non, je n’ai pas dit m’étonner. J’ai dit « m’éconner ». - M’é-con-ner ? articula l’employé du Bureau des Condidatures. - M’éconner… Vous connaissez la fameuse formule : « Econne-moi ! »… M’éconner, cela signifie m’excentrer, et, chronologiquement, toujours plus loin du con originel. On appelle ça vieillir. C’est traverser les couches, qui en tiennent une sacrée, des déconnés. Il m’a fallu gagner les marges du système des déconnés. Seulement, voilà, même en m’éconnant vers les frontières ultimes, j’en arrivais à la conclusion que la totalité des déconnés - des expulsés du «qu’on», comme il m’advint - se regroupaient en diverses confréries de concitoyens et de compatriotes qui étaient toujours, malheureusement, à mon sens, des confraternités de déconnés trop peu déconneurs. Moi, j’avais déjà eu le bonheur d’être un déconné sans père, j’ai voulu être un éconné sans trop de frères. J’ai rêvé, pour frères, des gens qui soient davantage déconneurs que déconnés, des éconneurs radicaux. Les éconneurs sont rares, hélas. - Des é-con-neurs ? Je ne comprends rien, dit l’employé du Bureau des Condidatures. - L’un des rares plaisirs pour moi, dans la vie, honoré Monsieur l’employé du Bureau des Condidatures, est donc de me faire traiter de connard par un déconné. Ou, si vous préférez, par un connard déconné et pas déconneur. Or, je ne suis pas un connard. Je ne puis vous donner raison, honoré Monsieur l’employé du Bureau des Condidatures, jusqu’au point de me traiter de connard. Mon unique ambition sur terre n’est pas de m’enterrer dans un «qu’on». Oui, moi, je suis né, je suis décon-né le 14 octobre. - Vous dites que les hommes sont des déconnés, et que vous êtes un éconneur... Me prendriez-vous, des fois, pour un génie de naissance ? - Je n’oserais pas ! Dressez-en, je vous prie, procès verbal ! On ne sait jamais ! Je dis que la toute première chose, chronologiquement, par laquelle les hommes (« on » et « homme », c’est le même mot) sont indéniablement égaux, est d’être expulsés par le «qu’on», c’est-à-dire, étymologiquement, déconnés. Souvent, après, ils veulent en quelque sorte rentrer dans le «qu’on», boucher le «qu’on», reformer non point l’androgyne de la bête à deux dos, mais l’entité indissoluble qui se forme quand le génie emplit le con avec ce que vous savez. Ne dit-on pas : «qu’on» comme une bite ? Moi, je suis un déconné, mais je suis aussi un déconneur qui ne veut pas s’embourber. Le génie emplit la connerie. Moi, je suis un éconneur, un déboucheur de connerie. Le génie est très sérieux. Le génie est un déconné qui, en général, veut boucher un «qu’on», et un seul «qu’on», et s’y enlise à merveille. Quand le génie a été déconné puis a bouché un «qu’on», il est tant, très content. Tandis que moi, je suis un déconné éconneur. J’effeuille les cons, je sautille d’un «qu’on» à l’autre, je les butine, mais je fais le plus attention que je peux à ne pas m'envaser dedans. Mon horizon, derrière et devant moi, n’a pas un «qu’on» et un seul «qu’on» pour limites. En un mot, j’éconne. - Vous déconnez ? demanda l’employé du Bureau des Condidatures. - Le génie déconne. D’abord il traverse le «qu’on», il naît et entre dans le royaume de ses frères, ensuite il retraverse le «qu’on» et le bouche, telle est la parabole de l’humain génie. C’est d’ailleurs pourquoi, subodoré-je, il est parfois appelé (mais qui sait encore le bon français ?) connard. Moi, en revanche, j’aime que le «qu’on» soit la frontière entre la connerie et la déconnerie. Je suis un déconné né dans le royaume de la connerie, et qui déconne à vie : je suis un déconnard, un déconneur éconnard ! Il me vient le soupçon que qui me traiterait de connard me reproche, en vérité, d’être autre chose qu’un déconné : c’est-à-dire, précisément, un déconnard, un éconneur ! Comment voulez-vous, honoré monsieur l’employé du Bureau des Condidatures, qu’un déconnard soit un connard ? Qu’un éconneur soit un connard ? Vous connaissez beaucoup de gens, honoré Monsieur l’employé du Bureau des Condidatures, qui se veuillent comme moi l’égal d’un libre déconnard éconneur ? - Refusez-vous, oui ou non, d’être un connard ? - Profitant du fait d’être né libre et égal, je désire librement être le déconneur de la connerie, le conneur de la déconnerie, le dé-déconneur !